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lundi 9 novembre 2009

Cinq




Aujourd'hui, je me souviens.
Je me souviens qu'il y a cinq ans exactement, je me réveillais très tôt auprès de l'Ancien, quittant la maison familiale avec une maman qui pleurait le Gange, et une petite soeur qui se retenait tant bien que mal.
J'étais un peu nerveuse, mais surtout très excitée. J'allais changer de vie. Pour sûr. Je quittais les montagnes, et les regardais se réveiller comme jamais ce matin là.
Ma soeur nous conduisait à l'aéroport, à plusieurs centaines de kilomètres de mon trou.
Nous faisions comme si je partais en voyage, jamais comme si ça allait durer. D'ailleurs, à ce moment là, je ne pensais pas que ça allait durer. En tout cas, pas là-bas.
Une fois mes deux valises contenant l'essentiel de ma vie enregistrées, nous nous sommes laissées aller aux larmes, en essayant de rire en même temps, parce que c'était quand même chouette la vie, parce que je ne partais pas par obligation mais par choix, pour dédramatiser, surtout.
Je me rappelle la laisser là, sous ce panneau lumineux, toute seule. Elle avait les yeux rougis et plein de larmes, mais toujours cet immense sourire qui éclairait son visage. Elle tremblait en tentant de le cacher, et respirait du mieux qu'elle pouvait.
C'était si dur.
Mais j'avais si hâte.
J'avais toujours voulu partir. Peu importe la destination, juste partir. Pas pour fuir, pour découvrir.
L'Ancien et moi avons pis le premier avion, puis le deuxième. C'est la seule et unique fois où nous avons voyagés ensemble.

Ajourd'hui, je me souviens.
Comme je vous l'ai raconté un jour, je me souviens de la petite fille que j'étais qui voyait à travers la petit écran bombé, un mur tomber, qui prenait conscience de ce qu'il se passait dans le monde. C'était il y a 20 ans. Cette petite fille jouait avec ses barbies, elle s'inventait une vie future, avec un amoureux, une maison et peut-être même un bébé, si jamais il pouvait se loger dans un ventre aussi plat.

Aujourd'hui, je me suis levée comme tous les jours : fatiguée de m'être couchée trop tard par refus de me coucher tôt. Aussi simple que ça.
La lumière d'automne est douce. Je porte le même blouson de cuir qu'il y a cinq ans. Les mêmes bottes aussi je crois.
Ma vie ne ressemble en rien à ce que j'avais imaginé d'elle à l'époque. Elle ne ressemble pas non plus à ce que j'aurais voulu il y a 10 ans. Même 20 ans.
Au fond de moi, il y a le même désir qui ne s'atteind pas, peut-être trop rêvé, avec toujours un regard vers un ventre aussi plat.
Et il y a la réalité. Une réalité pas si sombre que ça. Derrière une révolution, des larmes, des mots, il y a toujours la liberté, l'espoir, le regard sur l'avenir.
Et le nombril de ce ventre n'est pas le centre du monde. C'est juste le centre de ma vie.
Je me demande de quoi je me souviendrais dans 5 ans, et même dans 10 ou 20 ans.
Aurais-je réussi à combler le nombril, où aurais-je transposé toute son énergie sur le monde ?


lundi 2 novembre 2009

Une petite histoire - Twrri

Mais c'est pas vraiiii !!!
Il porte le même nom de famille que mon ex dites-donc.
Tout pareil, toutes les lettres sont à leur place, il n'en manque pas une seule à l'appel !
Si on croit aux signes, c'est plutôt mal parti cette histoire.
Un prénom ridicule, et un nom de famille que je ne veux plus entendre.
Merdeuuuh
Bon, on se reprend, il faut avouer qu'au Québec il n'y a pas grande variété de noms de famille francophones. C'est un fait. Ne pas juger, ne pas juger, ne pas juger.... faire comme s'il s'appelait Francis Ducharme, par exemple.
Donc on continue de s'écrire.
Mais là, je vous dirais franchement qu'à part son nom, j'ai d'autres doutes à son sujet.
Sur sa fiche, il disait vouloir fonder une famille. Bon, ok, je comprends qu'on puisse l'indiquer pour démontrer son sérieux et ses valeurs, même si d'après moi le fait de faire (voire même de vouloir) des enfants ne regarde pas toute la toile et encore moins tous ces inconnus en mal de femelles (et inversement).
Bref.
Là où ça se gâte, c'est lorsqu'au bout de 48 heures de contacts écrits tu sens qu'il te pose la question insinueusement. J'y réponds en contournant l'affaire (je ne dis rien en fait). 24 heures plus tard, il me pose carrément la question. Nan, j'vous jure, ça fait un choc. Et ça ne me plaît pas du tout du tout. René cherche-t-il un utérus ? René cherche-t-il une mère ?
J'ai décidé d'aller le vérifier. Il fallait que j'en aie le coeur net.
Nous avons parlé à peine un peu plus d'une heure et demie (en fait, surtout lui).
Il ne saura pas grand-chose de moi et n'en saura probablement jamais rien de plus.
Rien de rien n'est passé entre nous, aucune chimie, aucune énergie, et physiquement j'ai été très déçue.
Il reste que je pense sérieusement que c'est "un bon gars", quelqu'un de bien qui mérite quelqu'un de bien.
Mais pas moi.


Petits messages :
1) Merci anonyme. J'aime bien les anonymes, elles deviennent de grandes amies quelquefois. Néanmoins, une question : comment as-tu atterrie ici ?
2) Baboutir, j'ai fait au plus vite !
3) Miskouet, je n'arrive pas à te laisser de comm. Et non, je n'étais pas du côté de chez toi ce week-end, même si ça quelquefois on s'y croirait.

vendredi 30 octobre 2009

Coupure momentanée

Mesdames et Mesdemoiselles,




Votre programme est malencontreusement coupé pour vous annoncer que ladite propriétaire de cette petite vie s'en va crapahuter incessamment sous peu.


Tout d'abord dans cette ville, en dehors des frontières québécoises, pour la fin de semaine à venir :





Visite de ses anciens patrons, de la fin de la bouteille de rhum 5 ans d'âge, et peut-être même du Parlement et de sa fameuse bibliothèque (si les travaux sont terminés, parce que la dernière fois, elle n'a pu y faire que ça : photographier une charmante enfant et le folklore).



* * * *



Puis d'ici environ 6/7 semaines, elle s'envolera vers un décor troublant et fascinant.










Une journée éprouvante de recherche pour trouver un prix satisfaisant pour un billet d'avion, mais elle est heureuse.
Elle va enfin voyager ailleurs qu'en Europe et en Amérique du nord, et vivre quelques jours dans cette ville découverte dans le si beau film Caramel. Elle pense revenir avec quelques dizaines de bracelets pour que ses poignets jouent de la musique à longueur de journée. Quelle sensualité !



Yallah !

mercredi 28 octobre 2009

Une petite histoire - twou

Donc je ris.
Beaucoup.
Toute seule.
Je m'en jette sur le lit.
Saïmon me prend pour une folle.
Pour une fois, il n'est pas couillon, je le suis vraiment.

Parce que numéro 2676710 s'appelle...


hi hi


ha ha


Re... hi hi... né

RE-NÉ


C'est ridicule. Et pas vraiment joli. Même moche. Sauf quand on a 82 ans, je vous l'accorde.

Et surtout parce que....

Aparté 1 :
Il y a 15 ans, j'étais déjà jeune mais surtout beaucoup plus con. Avec ma bande de copains, nous avions une joke récurrente sur René le rrréné. Pour les françaises adeptes de canal + au début des 90's, rappelez-vous du "Régis est un con" des Nuls. Et bien pour moi et ma bande de copains, René était un rrrrréné. Ça veut dire à peu près la même chose en alpino-provençal.

Aparté 2 :
Il y a un mois, j'accueille à mon travail un "artiste" (je ne suis pas certaine que ça en soit vraiment un à vrai dire), d'origine vietnamienne je crois, qui, comme beaucoup d'asiatiques du sud-est, ajoutent à leur nom original un prénom occidental. Et celui-ci a choisi René. Et ce René là est rrrréné voyez-vous. Je lui ai expliqué 10 fois certaines choses, de 4 manières différentes, j'ai répété, mais monsieur cherche la broutille sans cesse, me repose toujours les mêmes questions et je dois recommencer encore et encore, bref,  il m'insupporte. Avec mon collègue de travail, on parle souvent de lui lorsqu'on a besoin de se destresser un petit coup rapidement, on l'imite et ça part toujours en fou rire.

Donc voilà, je ris de son prénom.
Et je me sens un peu ridicule. Je me dis que tout de même je ne vais pas juger une personne sur son prénom, qu'il a l'air d'un bon gars, et que je serais vraiment une demeurée de le juger là dessus.
Je lui écris donc sur son courriel perso avec mon propre courriel. Sans rire. rrrrm rrrrm. Du moins presque. 
Et il me répond.
S'affiche alors son prénom et son nom de famille à côté de son adresse courriel.

De nouveau je ris.
Et je répète inlassablement "mais c'est pas vrai... mais c'est pas vrai... c'est une blague ! Qui me fait cette blague !!! C'est pas vrai... c'est pas vraiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!"


mardi 27 octobre 2009

Une petite histoire - oine

Bon les filles, j'espère que vous êtes prêtes, car je sens que je vais écrire une belle tartine (avec plein de parenthèses et d'apartés, il vous faudra être concentrées, je vous aurais prévenues).

Samedi matin, dès mon lever tardif de célibataire, je lis les commentaires de Cherrybee et de Babycaresse. Elles m'incitent à encore aller sur un site de rencontres afin de trouver l'homme idéal qui voudra bien me réchauffer le bout des doigts et les orteils. Ça fait un an et demi que je n'y ai pas mis les pieds doigts, depuis l'affaire Monsieur Brocoli, mais mon profil était toujours actif. Sans réponse, c'est sûr, je dois être sur la 349ème page, et vu que je n'y ai pas mis de photo (trop la honte que quelqu'un puisse m'y reconnaître) de moi avec décolleté plongeant et maquillée comme un camion volé je n'attire pas grand monde.

Il faut savoir que sans être contre, je ne suis pas vraiment pour les sites de rencontres. C'est d'un ennui total, les gars n'ont aucune imagination, la plupart sont extrêmement superficiels, quelquefois même en tenue d'été sur une plage cubaine montrant à quel point leur peau prend bien le soleil. Pas mon genre. J'en ai un jour donné la preuve à ma Casp. Tu t'en souviens Bella ?

Mais ce samedi, je n'avais qu'une envie : rester devant mon ordi, à boire du café et fumer des cigarettes. Il pleut, il vente, beurk beurk beurk et je veux un homme bordel de merde. Je vais donc faire toc toc au site, essaie 10 mots de passe différents pour retrouver le bon et récupérer mon profil, puis lance une recherche :
homme hétérosexuel entre 28 et 35 ans aimant le cinéma (c'est la moindre des choses).

Et je consulte, et je consulte, et je consulte....
Et je baille...
Souvent je m'arrête à la deuxième ligne pour passer directement à la fiche suivante.

Tiens, un profil intéressant ! Pas trop grand (essayez d'embrasser un gars qui fait 40 cm de plus que vous, j'ai pas que ça à faire dans ma vie que de faire le chimpazé), du même signe astrologique que moi (sans trop y croire, je dois avouer que je me suis toujours très bien entendue avec mes acolytes capricornes), aimant les arts en général, semblant sincère, avec 50% des photos de lui plutôt tout à fait mon genre aïe aïe aïe l'autre 50 % étant plutôt très ordinaire (dont une assez bof à vrai dire) et toutes sortes d'autres détails qui me touchent (dont un français impeccable) mais je vais garder deux trois trucs pour moi quand même.

Je prends note de son numéro de membre (quand je vous dis que c'est horrible les sites de rencontre, on se croirait dans une foire à bétail) et continue mes recherches. Au bout d'une bonne centaine de fiches visitées, je me rends à l'évidence : c'est vraiment trop con les sites de rencontre (c'est d'ailleurs ce qu'on se disait tout le temps avec Mister Broco avec toute la mauvaise foi du monde multiplié par deux).

Du fait d'avoir visiter quelques fiches, certains m'écrivent (il y a des membres privilèges qui payent pour savoir qui visitent leurs fiches, et ouiiiiiiii) mais je me demande vraiment si ça vaut le coup de répondre à
"salut, coment sa va... j'aimeré sa conaitre ta couleur de cheveux... écri moi si tu veut à jesuipafutfut@hotmail.com"

Je ne suis pas méchante hein, avant de le flusher, comme on dit en bon québécois, je vais quand même regarder de quoi à l'air sa fiche, et je flushe après. 


Certains m'envoient même la fonction toute faite du piton qui dit : "Veux-tu flirter ?"
Ouais, carrément, comme ça, directement. Bon, franchement, est-ce que c'est moi qui suis trop prude ou y'a-t-il vraiment des catins qui répondent : "oui, bien sûr !" 
Pourtant sur ma fiche, c'est tout joli, limite romantique et poétique (en tout cas, je n'ai jamais dit que j'aimais ça embrasser des inconnus par-ci par-là).


 
Finalement, je décide d'envoyer à mon numéro chanceux un des messages pré-écrits par le site qui dit en gros : j'ai bien aimé ta fiche, contacte-moi si le coeur t'en dit, en toute amitié. 
Le truc bâteau qui ne mène à rien quoi.


Il me répond dites-donc. Genre 1 heure plus tard. Un petit message cute, contenant son adresse courriel, et... et son prénom. Et là, et là, comment dire.... c'est la crise de rire.


Et j'arrête là finalement, je viens de changer d'idée, je vais vous le faire en plusieurs chapitres.
Je sais, je suis sadique.
Mais vous m'aimez quand même.


Hein que vous m'aimez quand même ?


vendredi 23 octobre 2009

Des mains gelées

et personne pour me les réchauffer.

Ça c'est vraiment un inconvéniant du célibat.

Saïmon, il veut jouer avec mes doigts, alors je ne peux même pas me servir de lui comme cache-mains.

Je veux un homme. Pas frileux. Qui me permet de passer mes mains froides sous son pull afin que je les réchauffe. 
S'il accepte, en plus, que je colle mes petits pieds frigorifés sur ses mollets chauds lorsqu'on se couche, je vous jure que je l'épouse.  

Et non, les moufles ne sont pas une option (comment je fume ?).
Les chaussettes en acrylique douce non plus (une question de classe je suppose).
L'homme à bonne température et amoureux est l'idéal (mais il est inconnu, c'est balo...) 

Arrf

Quelqu'un veut-il m'offrir une bouillotte rigolote ?





mardi 20 octobre 2009

La page blanche

Je suis confrontée au même problème que les écrivains : la peur de la page blanche.

J'arrive ici, je me plante devant ce carré blanc, et je ne sais que vous dire. Normalement, un écrivain y dépose une histoire, un blog, lui, est fait pour partager des moments. Mais je ne sais plus que vous partager de ma vie ces temps-ci. C'est très frustrant. Je ne crois pas que vous parler de ma fin de semaine à repeindre les murs de mon appartement vous passionne. Pourtant, lorsque c'est vous qui l'écrivez, je n'ai aucun problème à le lire et ne trouve vraiment pas cela ennuyant. Ma curiosité, certainement... Comme lorsqu'on regarde de la télé-réalité...

Je ne vis rien de très passionnant ces temps-ci, rien qui soit digne de rire de moi ou d'une situation. Il n'y a rien non plus contre lequel j'ai envie de râler. La vie s'écoule paisiblement, très simplement.

J'aimerais tellement avoir de belles aventures, surtout amoureuses, à écrire. Mais non, rien de rien.

À mon retour du mariage de Casp, j'étais gonflée à bloc. Rappelez-vous de ce que je vous avais écrit, sur cette peur de la guigne. Je pourrais essayer de vous le dire, maintenant que c'est passé, ce que j'ai vécu. Rien de bien transcendant, je vous préviens de suite. J'étais juste parfaitement bien, pleine d'espoir. Je crois que les mariages, ainsi que les voyages, nous apportent une sensation unique d'apaisement. On partage, on reçoit, on vit intensément un moment, et pour mon cas, ça a fait monter en moi une énergie incroyable, un grand bonheur. Mais le quotidien est revenu... et cette énergie est redescendue tranquillement malgré le fait que je me suis remis à la boisson de soja biologique saveur vanille pleine de vitamine D.

Ça va bien, on ne va pas en faire un plat. Petit à petit, en ce moment, je m'active à régler, un par un, des détails de ma liste TO DO. Je ne m'ennuie jamais, je prends soin de moi, de Saïmon et des gens qui m'entourent du mieux que je peux, je n'ai pas de problème particulier, et Dieu merci, le blues ne fait pas partie de ma vie.

C'est juste que je ne sais plus que dire ici, mais je n'arrive absolument pas à me résigner de ne plus avoir cette fenêtre, cette page blanche sur laquelle j'écris des petits bouts de moi, aussi minuscules soient-ils.
J'espère que vous ne m'en voulez pas.

Néanmoins je cherche l'inspiration, le truc digne d'intérêt, chaque jour, je vous le promets.
Mais pour l'instant, je n'arrive qu'à gribouiller.

Ça repartira peut-être... c'est à se demander si je n'ai pas mis de l'essence au lieu du gasoil... pensez-vous que j'ai besoin d'une vidange ?



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